À seulement 22 ans, Charles Leclerc est déjà l’un des pilotes les plus rapides que la Formule 1 ait connus depuis des décennies. Il a fait ses débuts en F1 en 2018 seulement, avant d’intégrer l’équipe Ferrari l’année suivante.
Comme beaucoup de pilotes de Formule 1 ultra-rapides, Leclerc est également un grand passionné de moto. Des pilotes passés et présents tels que Senna, Schumacher, Hamilton, Button ou Webber partageaient déjà cette passion — mais Leclerc fait partie d’un cercle encore plus restreint.
Aux côtés de Kimi Räikkönen — qui a cédé son baquet Ferrari au jeune Monégasque — il est un véritable amateur de motos custom. Nous le savons car Leclerc a récemment confié à Walid de Bad Winners la réalisation d’une Vitpilen 701 sur mesure.
« Tout a commencé par un simple message sur Instagram », raconte Walid. « Un message de Charles Leclerc sur le compte Bad Winners ! Au début, je pensais que c’était du spam. »
« Charles a écrit : Je vous suis depuis un moment et j’adore vos motos. Serait-il possible d’en construire une pour moi ? »
Walid n’était pas convaincu qu’il s’agissait bien du vrai Charles Leclerc. Il lui a envoyé son numéro, puis son téléphone a sonné. C’était bien Leclerc à l’autre bout du fil. Il lui a expliqué que sa moto préférée était « The Apex », une Yamaha FZS600 Fazer issue d’un projet précédent, et qu’il souhaitait s’en inspirer pour une préparation basée sur la Husqvarna Vitpilen 701. Le projet « Apex 2.0 » était lancé.
Après quelques jours de réflexion, Walid a commencé à travailler sur les lignes. Il a présenté un concept à Charles (ci-dessus), qui l’a immédiatement validé.
« Nous avons d’abord travaillé les formes en modélisation 3D, avant de lancer nos imprimantes 3D pour préparer les pièces maîtresses destinées à la fabrication des moules », explique Walid.
La nouvelle carrosserie est encore plus anguleuse et futuriste que les formes d’origine conçues par le studio de design Kiska pour Husqvarna, et rappelle le phare inversé de la KTM Duke 790 ; le reste est entièrement en carbone. Car, comme tout pilote le sait, le poids est l’ennemi.
« Charles voulait des pièces en carbone, ainsi que des roues en carbone », précise Walid. « Travaillant depuis longtemps avec Dymag au Royaume-Uni, je leur ai confié la fabrication des roues. Toutes les autres pièces en carbone ont été produites en interne. » Les roues CA5 à cinq branches pèsent moins de trois kilos chacune.
Le cadre arrière affiné est lui aussi fabriqué en interne. Il intègre une plaque en acier de 1,5 mm découpée au laser et une selle en cuir sur mesure. À l’arrière, on trouve un feu arrière en plexiglas rouge translucide usiné CNC, avec quatre LED intégrées.
Côté moteur, Walid a supprimé le catalyseur et réalisé un tube en acier inoxydable pour un système entièrement décatalysé. SC-Project a fourni un silencieux CR-T en carbone, similaire à ceux utilisés en Championnat du Monde Moto2. Une centrale Dynojet Power Commander V assure une mise au point parfaite.
La Vitpilen d’origine est déjà rapide, mais celle de Leclerc l’est nettement plus. Walid estime que la puissance est passée de 75 à environ 85 chevaux grâce au de-cat et à la Power Commander.
Avec la carrosserie et les roues en carbone, l’échappement racing et le cadre arrière plus compact, le poids à sec est passé de 157 kg — déjà impressionnant — à seulement 130 kg.
Monsieur Leclerc a fait un choix remarquable.